Enseignement du FLE Français Langue Etrangère Le français est une langue vivante; on ne l'enseigne donc pas comme une langue morte. Enseigner le français consiste à apprendre aux élèves à communiquer en français. Le français est une langue parlée et écrite, ou mieux encore, une langue qui se parle et qui s'écrit. En tant que moyen de communication, c'est avant tout une langue parlée.
L'enseignement du français langue vivante n'a pas pour objet immédiat ni nécessaire de mettre l'élève en mesure de lire Corneille ou Pascal, mais de lui faire acquérir un moyen de communication nouveau: ce moyen de communication est d'ailleurs un moyen d'appréhension culturelle.
Les conséquences pédagogiques de ce principe fondamental de la linguistique contemporaine sont très importantes: Enseigner la langue consistera à enseigner des structures et non pas des mots ou des notions isolées. Une langue est un moyen de communication orale. Les linguistes nous rappellent, en effet, que la fonction du langage est de permettre aux individus d'une société de communiquer entre eux, c'est-à-dire de se parler. L'acte de communication linguistique suppose au moins deux interlocuteurs, c'est-à-dire le dialogue.
L'étude de la langue orale, qui était auparavant sacrifiée à celle de l'écrit, a été revalorisée. Cela a entraîné la mise au point d'une pédagogie spécifique de l'oral notamment en ce qui concerne la phonétique et les structures propres à la langue parlée.
Le recours au dialogue, acte de communication par excellence, a été intensifié, aussi bien dans les techniques de classe (dialogue professeur-élève et dialogue entre élèves) que dans les manuels. Dans la quasi-totalité des manuels récents, le point de départ de la leçon est un dialogue en situation. Les moyens technologiques - cassettes audio, vidéo, magnétophone, téléviseur... - ont été mobilisés pour aider le professeur à faire pénétrer au maximum stimuli, exercices et modèles de langue orale dans la classe.
Originalité de l'approche communicationnelles par rapport aux aux approches traditionnelles et audi-visuelles :
On percevra mieux l’originalité de l’approche communicative si l’on part d’une analyse des griefs généralement faits à l’audio-visuel. L’ennui est né de la récurrence constante des mêmes pratiques d’apprentissage. La rigidité de la progression, l’ignorance dans laquelle sont tenus les besoins particuliers des apprenants, le refus de leur laisser développer des stratégies d’apprentissage autres que celles que la méthodologies a prévues, l’appel constant fait à la mémoire par le souci de fixer des automatismes, et cela aux dépens de la réflexion intelligente, constituent autant de facteurs démotivants. La préoccupation essentielle est, en effet, l’enseignement de la langue en tant que système grammatical. L’attention du professeur est toute fixée sur la correction grammaticale. On ne peut pas nier l’apport positif qu’a constitué l’audio-visuel structuro-global pour l’enseignement des langues étrangères, ni la valeur de la correction grammaticale dans l’utilisation d’une langue étrangère, cependant l’acquisition d’une aptitude à former des phrases grammaticalement correctes, c’est-à-dire d’une compétence strictement linguistique, même si elle est essentielle, ne peut être l’unique objectif d’un programme de formation.
Apprendre une langue, ou plus exactement apprendre à communiquer de façon efficace dans une langue étrangère, c’est davantage qu’en apprendre la grammaire.
L’évidence a été rappelée que l’efficacité d’un message ne dépend pas seulement de sa grammaticalité, mais également de son adéquation au contexte dans lequel il est produit. Ce n’est que par référence au contexte socio-culturel que je peux percevoir la différence entre ces deux énoncés:
A : “Vous venez boire un verre?
A: - Non, merci, je ne peux pas, mon médecin me l'a interdit."
B: - Non, merci, je ne peux pas, ma belle-mère me l’a interdit.”
De la même façon, j’aurai peut-être plus de chance, dans un contexte déterminé, d’obtenir satisfaction si au lieu de dire: “Ouvrez la fenêtre!”, je dis: “Vous ne trouvez pas qu’il fait chaud ici?”.
La communication, pour être efficace, doit donc obéir aux contraintes discursives d’une part, c’est-à-dire celles qui assurent la cohérence du discours, et d’autre part aux contraintes pragmatiques, c’est-à-dire celles qui rendent l’interaction possible entre les locuteurs.
L'approche communivatives soutient une double conviction : en termes de communication, que la pertinence du message est plus importante que la correction grammaticale avec laquelle il est réalisé; en termes de pédagogie, que ce qui est perçu comme plus immédiatement utile sera plus facilement acquis. Autrement dit, on ne décidera pas d’enseigner les éléments a, b, c ..... parce qu’ils existent dans la grammaire de la langue, mais on enseignera les éléments a’, b’, c’..... parce qu’ils sont utiles pour la communication.
Les orientations qui caractérisent ce courant tendent à replacer l’élève au centre des activités d’enseignement /apprentissage de la langue étrangère et à percevoir la compétence de communication à développer sous un éclairage nouveau. Ainsi, en général, on définit des contenus d’apprentissage qui correspondent aux besoins langagiers des élèves. De plus, l’apprentissage de la L.E. doit contribuer au développement global de l’élève; c’est pourquoi le type d’enseignement à privilégier doit tenir compte de l’âge des élèves, des particularités de leur développement cognitif et affectif, et par conséquent de leurs différents styles d’apprentissage. L’enseignant aura donc pour tâche d’amener l’apprenant, non seulement à acquérir un savoir linguistique, mais également un savoir-faire qui lui permettra de communiquer dans des situations concrètes et variées qui correspondent à son âge.
Selon les principes de l’approche communicative, c’est en communiquant qu’on apprend à communiquer. L’idéal consisterait donc à amener l’élève à vivre, en langue étrangère, des situations de communication authentiques et variées. Même si un tel idéal s’avère difficile à atteindre dans le contexte scolaire, l’enseignant doit néanmoins s’inspirer de ces situations pour orienter son enseignement. Il apparaît évident que l’on doit éviter les exercices vides de sens, où les éléments linguistiques sont répétés ou manipulés mécaniquement, ou en dehors de tout contexte signifiant. De tels exercices semblent jouer un rôle très limité dans l’apprentissage de la langue et peuvent même nuire à la motivation des jeunes apprenants.
Dans l’approche communicative, la variété est considérée comme un atout. Désormais, les unités d’apprentissage ne sont plus coulées dans un moule rigide, les exercices ne se déroulent plus de façon routinière, les connaissances ne sont plus distillées, goutte à goutte, selon une progression linéaire. Au contraire, il est recommandé à l’enseignant d’être éclectique, c'est-à-dire d’utiliser toutes les techniques d’enseignement qui lui apparaissent efficaces. La variété préconisée permet d’adapter l’enseignement à l’âge, aux aptitudes, aux intérêts et ainsi aux styles d’apprentissage des apprenants. En effet, il est généralement admis que les apprenants n’ont pas tous le même style cognitif, c'est-à-dire qu’ils n’apprennent pas tous de la même manière. Ainsi, par exemple, certains apprenants ont besoin d’une longue période d’exposition à la langue avant de se sentir prêts à parler alors que d’autres éprouvent le besoin de répéter sur-le-champ tout ce qu’ils entendent. D’autres encore apprennent mieux en jouant, en chantant ou en associant l’oral à l’écrit. Même si l’on ne peut espérer découvrir le style cognitif de chaque apprenant et en tenir compte, il est bon d’apporter de la variété dans l’enseignement afin de rejoindre, tour à tour, tous les élèves.
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